vendredi 5 février 2016

Tendresse de Jésus pour les malades

Les Évangiles nous montrent Jésus se faisant proche des personnes malades, frappées par toutes sortes de souffrances physiques, psychologiques et spirituelles. Il est le visage de Dieu plein de bonté, de tendresse et de miséricorde pour nous, les humains, ses créatures qu’il aime.
 
C’est ce que nous rappelle le pape François dans son message pour la 24e journée mondiale des malades, célébrée le 11 février. Célébrée chaque année dans tous les diocèses du monde, cette fête sera particulièrement vécue cette année en Terre Sainte, à Nazareth. C’est là que le Verbe s’est fait chair dans le sein de Marie. C’est là que Jésus a commencé sa mission de miséricorde envers tous les malades qu’il croisait sur son chemin ou vers qui il allait.
 
La maladie, surtout lorsqu’elle est grave, constitue une épreuve qui nous remplit d’interrogations, même de révoltes. D’où la tentation de penser que rien n’a plus de sens. « Dans ces situations, la foi en Dieu est, d’une part, mise à l’épreuve et, d’autre part, révèle en même temps toute sa puissance positive. Non parce que la foi fait disparaître la maladie, la douleur ou les problèmes qui en dérivent, mais parce qu’elle offre une clé avec laquelle nous pouvons découvrir le sens le plus profond de ce que nous sommes en train de vivre; une clé qui nous aide à voir que la maladie peut être la voie pour arriver à une proximité plus étroite avec Jésus, qui chemine à nos côtés, chargé de la croix. » (5)
 
Commentant les noces de Cana, le pape ajoute : « Nous avons une Mère qui a les yeux vigilants et pleins de bonté, comme son Fils; le cœur maternel et débordant de miséricorde, comme lui; les mains qui veulent aider, comme les mains de Jésus qui rompaient le pain pour celui qui avait faim, qui touchaient les malades et les guérissaient. Cela nous remplit de confiance et fait que nous nous ouvrons à la grâce et à la miséricorde du Christ. »
 
La tendresse de Marie et la compassion pleine de miséricorde de Jésus orientent nos cœurs vers une sollicitude renouvelée pour les personnes qui nous entourent, et particulièrement pour les malades.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

samedi 30 janvier 2016

Le mystère de l’univers

Pour la tradition judéo-chrétienne, parler de « création », c’est signifier « un rapport avec un projet de l’amour de Dieu dans lequel chaque créature a une valeur et une signification », affirme le pape François (76). « La création peut seulement être comprise comme un don qui surgit de la main ouverte du Père de tous, comme une réalité illuminée par l’amour qui nous appelle à une communion universelle. »
 
« Le monde est issu d’une décision, non du chaos ou du hasard, ce qui le rehausse encore plus. Dans la parole créatrice il y a un choix libre exprimé. L’univers n’a pas surgi comme le résultat d’une toute puissance arbitraire, d’une démonstration de force ni d’un désir d’auto-affirmation. La création est de l’ordre de l’amour. […] Par conséquent, chaque créature est l’objet de la tendresse du Père, qui lui donne une place dans le monde. Même la vie éphémère de l’être le plus insignifiant est l’objet de son amour, et, en ces peu de secondes de son existence, il l’entoure de son affection. » (77) Par de telles pensées, tirées de la Parole de Dieu, notre pape est vraiment un digne fils de l’Évangile à la lumière de la vie de son patron saint François.
 
Le pape tire de ces convictions de foi une forte interpellation. Il formule notre défi humain et chrétien : « Si nous reconnaissons la valeur et la fragilité de la nature, et en même temps les capacités que le Créateur nous a octroyées, cela nous permet d’en finir aujourd’hui avec le mythe moderne du progrès matériel sans limite. Un monde fragile, avec un être humain à qui Dieu en confie le soin, interpelle notre intelligence pour reconnaître comment nous devrions orienter, cultiver et limiter notre pouvoir. » (79)
 
« Quand on propose une vision de la nature uniquement comme objet de profit et d’intérêt, cela a aussi de sérieuses conséquences sur la société. La vision qui consolide l’arbitraire du plus fort a favorisé d’immenses inégalités, injustices et violences pour la plus grande partie de l’humanité, parce que les ressources finissent par appartenir au premier qui arrive ou qui a plus de pouvoir : le gagnant emporte tout. L’idéal d’harmonie, de justice, de fraternité et de paix que propose Jésus est aux antipodes d’un pareil modèle. » (82)
 
Est-ce que je vois l’ensemble de la création comme une collection d’objets à manipuler ou bien comme l’œuvre d’un amour divin plein de tendresse, de beauté et de générosité?
 
(23e texte d'une série sur l'encyclique du pape François)
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

samedi 23 janvier 2016

L’Évangile de la Création

En parlant de l’Évangile de la Création, le pape affirme que toute la Création est une Bonne Nouvelle pour nous. Il nous faut donc ne pas la détruire, mais l’accueillir et en avoir soin. Dieu n’a pas créé les autres créatures simplement pour notre service ou notre caprice! Nous devons marcher avec les animaux et toutes les créatures vers notre commun point d’arrivée qui est Dieu.
 
Parlant ainsi, le pape accueille la grande tradition orientale fortement affirmée depuis des années par le Patriarche Œcuménique Bartholomée. « Que les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides; que les hommes portent préjudice à leurs semblables par des maladies en contaminant les eaux, le sol, l’air et l’environnement par des substances polluantes, tout cela, ce sont des péchés ». (9)
 
Il faut donc s’en repentir et se convertir, cesser de réduire la création à des choses à exploiter. La destruction des créatures et la cruauté envers les animaux sont des actes qui profanent la dignité de tout être créé par Dieu. Chaque être créé a sa propre raison d’être et sa propre valeur voulues par Dieu. Notre « maison commune » est cette terre sur laquelle nous partageons un même appel au salut dans le même Christ, Seigneur et Sauveur de tout, Dieu voulant tout réunir, ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre dans son Fils incarné.
 
« Tout comme cela arrive quand nous tombons amoureux d’une personne, chaque fois qu’il [saint François] regardait le soleil, la lune ou les animaux même les plus petits, sa réaction était de chanter, en incorporant dans sa louange les autres créatures. Il entrait en communication avec toute la création, et il prêchait même aux fleurs. » Pour François, « toute créature est une sœur, unie à lui par des liens d’affection. Voilà pourquoi il se sentait appelé à protéger tout ce qui existe. »
 
Le pape en tire les conséquences : « Sans cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement, si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats. En revanche, si nous nous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément. »
 
Est-ce que je me sens frère ou sœur de toute créature?
 
(22e texte d'une série sur l'encyclique du pape François)
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

jeudi 14 janvier 2016

Réagir devant cette mer de souffrances

Accueillant les diplomates accrédités auprès du Saint-Siège, le Pape s’est porté à la défense des réfugiés et de tous les déchets de nos sociétés endormies dans l’indifférence, hantées par l’adoration de l’argent et par la peur de l’autre. Ce texte est à lire au complet pour nous préparer à la Journée mondiale des migrants et réfugiés, le dimanche 17 janvier 2016. En voici quelques extraits.
 
La Bible nous montre que l’histoire humaine est faite de nombreuses migrations. « De l’exil du paradis terrestre jusqu’à Abraham en marche vers la terre promise; du récit de l’Exode à la déportation à Babylone, la Sainte Écriture raconte peines et douleurs, désirs et espérances, qui sont communs à ceux des centaines de milliers de personnes en marche de nos jours, avec la même détermination que Moïse pour atteindre une terre dans laquelle coule “lait et miel” (cf. Ex 3, 17), où pouvoir vivre libres et en paix. »
 
Aujourd’hui encore retentissent les clameurs des humains. « C’est la voix des milliers de personnes qui pleurent en fuyant des guerres horribles, des persécutions et des violations des droits humains, ou l’instabilité politique ou sociale, qui rendent souvent impossible la vie dans sa patrie. C’est le cri de tous ceux qui sont contraints de fuir pour éviter les barbaries indicibles pratiquées envers des personnes sans défense, comme les enfants et les personnes handicapées, ou le martyre pour la seule appartenance religieuse. » 

« C’est la voix de tous ceux qui fuient la misère extrême, à cause de l’impossibilité de nourrir la famille ou d’accéder à des soins médicaux et à l’instruction, de la dégradation sans perspective de quelque progrès, ou aussi à cause des changements climatiques et des conditions climatiques extrêmes. Malheureusement, on sait que la faim est encore une des plaies les plus graves de notre monde, avec des millions d’enfants qui meurent chaque année à cause d’elle. »
 
Le pape ajoute : « Comment ne pas voir dans tout cela le fruit de cette “culture du rejet” qui met en péril la personne humaine, sacrifiant des hommes et des femmes aux idoles du profit et de la consommation? Il est grave de s’habituer à ces situations de pauvreté et de besoin, aux drames de nombreuses personnes et de les faire devenir “normalité”. Les personnes ne sont plus perçues comme une valeur fondamentale à respecter et à protéger, surtout celles qui sont pauvres ou avec un handicap. »
 
Il importe de mettre en question nos priorités. Quelle est la place de la peur, de l’indifférence dans mes réactions face aux personnes qui sollicitent notre accueil? Mon cœur est-il ouvert à la générosité, à l’hospitalité, à la bonté, en somme à la fraternité? Ce sont des personnes humaines comme toi et moi!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

samedi 2 janvier 2016

Ne pas s’abandonner à l’indifférence

Tel est le défi que le pape François nous propose dans son message pour la Journée mondiale de la paix. Cet appel est appuyé sur la conviction qui habite le cœur de ce pape : « Dieu n’est pas indifférent! Dieu accorde de l’importance à l’humanité, Dieu ne l’abandonne pas! » Il s’agit de faire de même, de refuser l’indifférence, l’apathie, face aux drames de notre époque et de s’engager pour la justice, la solidarité fraternelle et la paix.
 
Il faut parler de la mondialisation de l’indifférence : indifférence à Dieu, aux êtres humains qui habitent cette terre et à cette planète qui est notre unique demeure à tous. « L’indifférence et le désengagement qui en est la conséquence constituent un manque grave au devoir que toute personne a de contribuer, dans la mesure de ses capacités et de son rôle dans la société, au bien commun, en particulier à la paix, qui est l’un des biens les plus précieux de l’humanité. »
 
« Jésus nous avertit : l’amour pour les autres – les étrangers, les malades, les prisonniers, les sans-domicile-fixe, même les ennemis – est l’unité de mesure de Dieu pour juger nos actions. De cela dépend notre destin éternel. »
 
« La solidarité constitue l’attitude morale et sociale qui répond le mieux à la prise de conscience des plaies de notre temps et de l’incontestable interdépendance qui existe toujours plus, spécialement dans un monde globalisé, entre la vie de l’individu et de sa communauté dans un lieu déterminé et celle des autres hommes et femmes dans le reste du monde. »
 
Ce texte du pape, ici trop brièvement résumé, mérite une lecture attentive en ce début de l’année 2016. Il nous met devant nos responsabilités planétaires, qui doivent se concrétiser par des actions dans notre milieu, par exemple envers les prisonniers, les migrants et réfugiés, les chômeurs, les malades, en somme les personnes les plus fragiles de notre société, souvent si proches de nous et que nous ne voyons pas.
 
Voilà un programme concret et urgent pour 2016! C’est un appel à la solidarité, au respect mutuel, au gout de mieux vivre ensemble dans la reconnaissance de notre fraternité mondiale et de notre commune responsabilité envers notre mère la terre.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

samedi 26 décembre 2015

La sainte famille aujourd’hui

C’est l’histoire d’un petit garçon de 3 ans qui était à la messe avec sa mère? Alors que la célébration allait commencer, le petit garçon demanda à sa mère : c’est quand il va arriver Jésus?  Le jeune enfant espérait que Jésus allait arriver dans la procession d’entrée.  Le souhait du petit garçon était valable puisque lorsque nous sommes rassemblés au nom de notre foi, nous célébrons Jésus, nous écoutons sa Parole et nous sommes ensuite envoyés pour vivre son message d’amour, de partage et de paix.
 
Comme enfant et comme adulte, nous avons tous et toutes déjà eu l’occasion de prendre dans nos bras un bébé naissant.  Notre première réaction, c’est de faire attention en le prenant.  Nous faisons attention à sa tête et à ses petites épaules.  Nous l’enveloppons pour qu’il soit bien au chaud, qu’il ne manque de rien.  Nous le regardons avec joie, émerveillement et amour.  Il y a un sentiment de paix qui nous habite, sauf si le bébé est en crise et que nous ne savons pas ce qui se passe.   Un bébé naissant, c’est fragile et fort à la fois. Fragile parce qu’il demande une attention de chaque instant et fort parce qu’il grandira rapidement.
 
Lors de la Rencontre mondiale des familles à Philadelphie, en septembre dernier, le pape François disait que Dieu avait choisi d’envoyer son fils au cœur d’une famille, bien humble. Dieu n’avait pas choisi un palais ou un royaume. En fait, le nom de famille de Dieu, c’était notre propre nom à chacun et chacune.  La proximité de Dieu pour notre humanité par la naissance de Jésus, au cœur d’une famille, nous témoigne de l’immense amour et miséricorde avec lesquels Dieu aime chacune et chacun de nous.
 
La famille de la crèche est encore bien présente aujourd’hui.  C’est un peu chacune de nos familles.  À la question du petit garçon, c’est quand il arrive Jésus, nous pourrions répondre qu’il se manifeste à chaque fois que nous avons retrouvé la lumière dans notre vie; à chaque fois que le Jésus nouveau-né sait attendrir notre cœur; à chaque fois que Noël nous apporte la joie, nous pousse au partage et à la paix dans notre monde, dans nos familles, dans notre vie professionnelle et nos écoles.
 
René Laprise
Diacre permanent

dimanche 20 décembre 2015

Visite au diocèse de Baie-Comeau

Lors d'une récente visite à Baie-Comeau pour animer une retraite pour les prêtres du diocèse à l'invitation de Mgr Jean-Pierre Blais, j'ai accordé quelques entrevues avec les médias locaux pour partager sur cette belle visite et mon récent livre. Voici le lien à l'entrevue réalisée par la télévision Cogeco de Baie-Comeau : http://www.tvcogeco.com/baie-comeau/gallerie/emissions-2015/7655-connecte-sur-baie-comeau/104347-connecte-bc-2-12-15.  Avancez à 5 :25 minutes.