lundi 18 août 2014

L’option pour les pauvres

La Bible témoigne que les pauvres ont une place de choix dans le cœur miséricordieux de Dieu. Cette préférence divine a des conséquences dans la vie de foi de tous les chrétiens, appelés à avoir « les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2, 5). L’Église doit opter pour la même préférence et affirme son option pour les pauvres.
 
« Pour cette raison, commente le pape François (dans La joie de l'Évangile par. 198), je désire une Église pauvre pour les pauvres. Ils ont beaucoup à nous enseigner. » Par leurs propres souffrances, ils connaissent le Christ souffrant. Il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par eux. « La nouvelle évangélisation est une invitation à reconnaître la force salvifique de leurs existences, et à les mettre au centre du cheminement de l’Église. Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux. »
 
Cette priorité appelle une attention aimante à la personne du pauvre, une proximité réelle et cordiale.  « Cela implique de valoriser le pauvre dans sa bonté propre, avec sa manière d’être, avec sa culture, avec sa façon de vivre la foi. Le véritable amour est toujours contemplatif, il nous permet de servir l’autre non par nécessité ni par vanité, mais parce qu’il est beau, au-delà de ses apparences. »
 
Et le pape conclut : « Personne ne peut se sentir exempté de la préoccupation pour les pauvres et pour la justice sociale. » Et avec émotion et grande franchise, il nous dit ses appréhensions. « Je crains que ces paroles fassent seulement l’objet de quelques commentaires sans véritables conséquences pratiques. Malgré tout, j’ai confiance dans l’ouverture et dans les bonnes dispositions des chrétiens, et je vous demande de rechercher communautairement de nouveaux chemins pour accueillir cette proposition renouvelée. »
 
Comment une telle interpellation, si directe et émouvante, me rejoint, me pousse à l’action?
(37e texte d’une série sur la joie)
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

lundi 11 août 2014

Confession de la foi et engagement social

Le pape François s’est vite fait connaître comme une personne engagée envers les personnes pauvres, rejetées, marginalisées, exploitées, et cela au nom de sa foi. Dans son texte-programme intitulé La joie de l’Évangile, il explique très longuement cette priorité dans sa vie et dans celle de l’Église (par. 176-258).
 
Il pose dès le début de ces réflexions le phare qui éclaire son chemin : « Le kérygme possède un contenu inévitablement social : au cœur même de l’Évangile, il y a la vie communautaire et l’engagement avec les autres. Le contenu de la première annonce a une répercussion morale immédiate dont le centre est la charité. »
 
Confesser un Père qui aime infiniment chaque être humain implique de découvrir la dignité infinie de cet être. Confesser que Jésus a donné son sang pour nous nous empêche de maintenir le moindre doute sur l’amour sans limites qui ennoblit tout être humain. Confesser que l’Esprit Saint agit en tous implique de reconnaître qu’il cherche à pénétrer dans chaque situation humaine et dans tous les liens sociaux afin de dénouer les nœuds même les plus complexes et les plus inextricables.
 
« À partir du cœur de l’Évangile, nous reconnaissons la connexion intime entre évangélisation et promotion humaine, qui doit nécessairement s’exprimer et se développer dans toute l’action évangélisatrice. L’acceptation de la première annonce, qui invite à se laisser aimer de Dieu et à l’aimer avec l’amour que lui-même nous communique, provoque dans la vie de la personne et dans ses actions une réaction première et fondamentale : désirer, chercher et avoir à cœur le bien des autres. »
 
Ce lien indissoluble entre l’accueil de l’Évangile et un amour fraternel effectif, spécialement pour les pauvres, est fréquemment exprimé dans l’Écriture. Ce que disent ces textes c’est la priorité absolue de « la sortie de soi vers le frère. » Ce service de la charité est « une dimension constitutive de la mission de l’Église et il constitue une expression de son essence-même». Il s’agit de la charité effective pour le prochain, la compassion qui comprend, assiste et promeut.
 
«Personne ne peut exiger de nous que nous reléguions la religion dans la secrète intimité des personnes, sans aucune influence sur la vie sociale et nationale, sans se préoccuper de la santé des institutions de la société civile, sans s’exprimer sur les événements qui intéressent les citoyens. Qui oserait enfermer dans un temple et faire taire le message de saint François d’Assise et de la bienheureuse Teresa de Calcutta? »  Une foi authentique implique toujours un profond désir de changer le monde, de transmettre des valeurs, de laisser quelque chose de meilleur après notre passage sur la terre, qui « est notre maison commune et nous sommes tous frères. » L’Église ne peut ni ne doit rester à l’écart dans la lutte pour la justice, l’ordre social et le bien commun.
 
Ai-je déjà réfléchi à ce lien essentiel entre l’Évangile et l’engagement social? Est-ce que vis de tels engagements au nom de ma foi?
(36e texte d’une série sur la joie)
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

jeudi 7 août 2014

L’accompagnement spirituel

L’accompagnement personnel assure une aide précieuse dans le processus de croissance de la foi et de la vie chrétienne. C’est ce que le pape François montre très concrètement dans La joie de l’Évangile (par. 169ss). « Dans une civilisation paradoxalement blessée par l’anonymat et, en même temps, obsédée par les détails de la vie des autres, malade de curiosité morbide, l’Église a besoin d’un regard de proximité pour contempler, s’émouvoir et s’arrêter devant l’autre chaque fois que cela est nécessaire. » Il s’agit de «rendre présent le parfum de la présence proche de Jésus et son regard personnel. »
 
Cet « art de l’accompagnement » nous apprend à ôter nos  sandales devant la terre sacrée de l’autre (cf. Ex 3, 5). « Nous devons donner à notre chemin le rythme salutaire de la proximité, avec un regard respectueux et plein de compassion mais qui en même temps guérit, libère et encourage à mûrir dans la vie chrétienne. »
 
Cet art exige prudence, compréhension, capacité d’attendre, docilité à l’Esprit. Y est essentielle la capacité d’écoute, « qui est plus que le fait d’entendre. » Car écouter exige la proximité, sans laquelle il n’existe pas une véritable rencontre spirituelle. Et il y faut toujours la patience. Il s’agit d'orienter les personnes vers leur maturité afin qu’elles soient capables de décisions vraiment libres et responsables. Pour cela, il est indispensable de donner du temps, avec une immense patience.
 
« Dans tous les cas, un bon accompagnateur ne cède ni au fatalisme ni à la pusillanimité. Il invite toujours à vouloir se soigner, à se relever, à embrasser la croix, à tout laisser, à sortir toujours de nouveau pour annoncer l’Évangile. L’expérience personnelle de nous laisser accompagner et soigner, réussissant à exprimer en toute sincérité notre vie devant celui qui nous accompagne, nous enseigne à être patients et compréhensifs avec les autres, et nous met en mesure de trouver les façons de réveiller en eux la confiance, l’ouverture et la disposition à grandir. »
 
Suis-je accompagné dans mon cheminement spirituel? Ai-je déjà pratiqué cet art? Si oui, j’en ai tiré quelle sagesse?
(35e texte d’une série sur la joie)
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

lundi 4 août 2014

Une catéchèse kérygmatique

Le kérygme, c’est la première annonce de la foi et en même temps un appel à la croissance de cette foi. C'est ce que le pape développe dans La joie de l’Évangile (par. 160 ss), sous le titre : « Une évangélisation pour l’approfondissement du kérygme ». La catéchèse est au service de cette croissance.
 
La première annonce de la foi garde sa place fondamentale dans cette catéchèse. « Sur la bouche du catéchiste revient toujours la première annonce : “Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer”. Quand nous disons que cette annonce est “la première”, cela ne veut pas dire qu’elle se trouve au début et qu’après elle est oubliée ou remplacée par d’autres contenus qui la dépassent. Elle est première au sens qualitatif, parce qu’elle est l’annonce principale, celle que l’on doit toujours écouter de nouveau de différentes façons et que l’on doit toujours annoncer de nouveau durant la catéchèse sous une forme ou une autre, à toutes ses étapes et ses moments. »
 
« Il n’y a rien de plus solide, de plus profond, de plus sûr, de plus consistant et de plus sage que cette annonce. Toute la formation chrétienne est avant tout l’approfondissement du kérygme qui se fait chair toujours plus et toujours mieux. » Rien ne répond mieux à la soif d’infini de chaque cœur humain.
 
Pour respecter cette centralité du kérygme, toute catéchèse doit avoir certaines caractéristiques :
·         exprimer l’amour salvifique de Dieu préalable à l’obligation morale et religieuse;
·         ne pas imposer la vérité, mais faire appel à la liberté;
·         posséder certaines notes de joie, d’encouragement, de vitalité. Ce qui exige du catéchète : proximité, ouverture au dialogue, patience, accueil cordial qui ne condamne pas.
 
De plus, cette catéchèse doit être une initiation mystagogique. «  La rencontre catéchétique est une annonce de la Parole et est centrée sur elle, mais elle a toujours besoin d’un environnement adapté et d’une motivation attirante, de l’usage de symboles parlants, de l’insertion dans un vaste processus de croissance et de l’intégration de toutes les dimensions de la personne dans un cheminement communautaire d’écoute et de réponse. » Et le pape signale le rôle de la beauté dans ce processus.
 
Et comment y présenter la morale? Il importe d’indiquer toujours le bien désirable, la proposition de vie, de maturité, de réalisation, de fécondité. « Plus que comme experts en diagnostics apocalyptiques ou jugements obscurs qui se complaisent à identifier chaque danger ou déviation, il est bien qu’on puisse nous regarder comme de joyeux messagers de propositions élevées, gardiens du bien et de la beauté qui resplendissent dans une vie fidèle à l’Évangile. »
 
Comment ces quelques orientations sur une catéchèse évangélisatrice me rejoignent, me stimulent? Que puis-je en faire dans ma condition de vie?
(34e texte d’une série sur la joie)
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

jeudi 31 juillet 2014

Une lecture priante de la Parole


Dans ses grands développements sur l’homélie (voir La joie de l’Évangile par. 135 à 159), le pape François a inséré quelques paragraphes très stimulants sur la lecture priante et spirituelle de la Parole de Dieu (par. 152s.). C’est la lectio divina. « Elle consiste dans la lecture de la Parole de Dieu à l’intérieur d’un moment de prière pour lui permettre de nous illuminer et de nous renouveler. »
 
Par une lecture attentive, il s’agit de comprendre d’abord ce que dit le texte. « La lecture spirituelle d’un texte doit partir de sa signification littérale. Autrement, on fera facilement dire au texte ce qui convient, ce qui sert pour confirmer ses propres décisions, ce qui s’adapte à ses propres schémas mentaux. Cela serait, en définitive, utiliser quelque chose de sacré à son propre avantage. »
 
Puis on passe à l’étape d'application de la Parole à soi. « Il est bien de se demander par exemple : “ Seigneur, qu’est-ce que ce texte me dit à moi? Qu’est-ce que tu veux changer dans ma vie avec ce message? Qu’est-ce qui m’ennuie dans ce texte? Pourquoi cela ne m’intéresse-t-il pas? ” ou : “ Qu’est-ce qui me plaît, qu’est-ce qui me stimule dans cette Parole? Qu’est-ce qui m’attire? Pourquoi est-ce que cela m’attire? ” »
 
Et dans la prière, on répond à l’appel de Dieu, on accueille ses consolations, on consent à se laisser convertir par la Parole. En somme, cette lecture priante conduit à un dialogue d’abandon confiant avec ce Dieu qui nous aime.
 
Plus loin (au par. 174) le pape affirme : « Ce n’est pas seulement l’homélie qui doit se nourrir de la Parole de Dieu. Toute l’évangélisation est fondée sur elle, écoutée, méditée, vécue, célébrée et témoignée. » Donc, cette lecture priante et spirituelle de la Parole doit être une porte ouverte à tous les croyants.
 
Et l’exhortation pontificale se fait insistante. « Nous ne cherchons pas à tâtons dans l’obscurité, nous ne devons pas non plus attendre que Dieu nous adresse la parole, parce que réellement “Dieu a parlé, il n’est plus le grand inconnu mais il s’est montré lui-même”. Accueillons le sublime trésor de la Parole révélée. »
 
Est-ce que j’apprécie ce trésor unique qu’est la Parole? Est-ce que je me suis familiarisé avec cette lecture priante de la Parole? Comment puis-je le faire, seul ou avec d’autres?
(33e texte d’une série sur la joie)
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

lundi 28 juillet 2014

Une homélie joyeuse

Le pape François, dans La joie de l’Évangile traite longuement de l'homélie (par. 135 à 159). Un développement aussi élaboré marque bien l’importance qu’il donne à cette activité en Église. « L’homélie est la pierre de touche pour évaluer la proximité et la capacité de rencontre d’un pasteur avec son peuple. »
 
Mais cette activité réclame actuellement une sérieuse évaluation : les récriminations sont nombreuses à son sujet. « De fait, nous savons que les fidèles lui donnent beaucoup d’importance; et ceux-ci, comme les ministres ordonnés eux-mêmes, souffrent souvent, les uns d’écouter, les autres de prêcher. Il est triste qu’il en soit ainsi. L’homélie peut être vraiment une intense et heureuse expérience de l’Esprit, une rencontre réconfortante avec la Parole, une source constante de renouveau et de croissance. »
 
Pour cela, il faut retrouver le sens profond de l’homélie.  « C’est Dieu qui veut rejoindre les autres à travers le prédicateur, et qu’il déploie sa puissance à travers la parole humaine. » Dieu vient avec un ardent désir d’y dialoguer avec son peuple.
 
Pour que se vive ce dialogue, il faut que le prédicateur remplisse bien des conditions. Je me contente de relever quelques points. L’homélie doit être brève : ce n’est pas une conférence ou un cours. On doit y parler pour que le peuple comprenne afin d’y recevoir courage, souffle, force et impulsion. Il faut transmettre le plaisir de Dieu d’être avec les siens et ainsi ses Paroles font brûler les cœurs.
 
Il faut donc soigner la forme dans laquelle la Parole est offerte. « La préoccupation pour les modalités de la prédication est elle aussi une attitude profondément spirituelle. Elle signifie répondre à l’amour de Dieu, en se dévouant avec toutes nos capacités et notre créativité à la mission qu’il nous confie; mais c’est aussi un exercice d’amour délicat pour le prochain, parce que nous ne voulons pas offrir aux autres quelque chose de mauvaise qualité. Dans la Bible, par exemple, nous trouvons la recommandation de préparer la prédication pour lui assurer une mesure correcte : “Résume ton discours. Dis beaucoup en peu de mots” (Si 32, 8). » Et le pape rappelle le conseil d’un vieux maître : une bonne homélie doit contenir « une idée, un sentiment, une image ».
 
C’est dire qu’une homélie doit être sérieusement préparée. « La confiance en l’Esprit Saint qui agit dans la prédication n’est pas purement passive, mais active et créative. Elle implique de s’offrir comme instrument (cf. Rm 12, 1), avec toutes ses capacités, pour qu’elles puissent être utilisées par Dieu. Un prédicateur qui ne se prépare pas n’est pas “spirituel”, il est malhonnête et irresponsable envers les dons qu’il a reçus. »
 
Toute personne qui a à donner la Parole dans la liturgie est donc invitée à reprendre ce texte si concret du pape.
 
Est-ce que je me sens moi-même concerné, interpelé, dérangé par ces paroles ?
(32e texte d’une série sur la joie)
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

jeudi 24 juillet 2014

De personne à personne


Aux paragraphes 127 et 128 de La joie de l’Évangile, le pape aborde une façon d’évangéliser qui concerne tous les baptisés. Il s’agit du rayonnement de notre foi dans la vie quotidienne, de personne à personne.
 
La description qu’il en donne est simple et claire : « Il s’agit de porter l’Évangile aux personnes avec lesquelles chacun a à faire, tant les plus proches que celles qui sont inconnues. C’est la prédication informelle que l’on peut réaliser dans une conversation, et c’est aussi celle que fait un missionnaire quand il visite une maison. Être disciple c’est avoir la disposition permanente de porter l’amour de Jésus aux autres, et cela se fait spontanément en tout lieu : dans la rue, sur la place, au travail, en chemin. »
 
Puis François, ayant noté la nécessité d’y être toujours respectueux et aimable, trace les étapes d’une telle rencontre. Relevons-en les articulations. «Le premier moment consiste en un dialogue personnel, où l’autre personne s’exprime et partage ses joies, ses espérances, ses préoccupations pour les personnes qui lui sont chères, et beaucoup de choses qu’elle porte dans son cœur. » C’est l’étape d’une écoute attentive et réceptive.
 
« C’est seulement après cette conversation, qu’il est possible de présenter la Parole, que ce soit par la lecture de quelque passage de l’Écriture ou de manière narrative, mais toujours en rappelant l’annonce fondamentale : l’amour personnel de Dieu qui s’est fait homme, s’est livré pour nous, et qui, vivant, offre son salut et son amitié. »
 
Le message évangélique s’exprime parfois de manière plus directe, d’autres fois à travers un témoignage personnel, un récit, un geste, ou la forme que l’Esprit Saint lui-même peut susciter en une circonstance concrète.
 
« Si cela semble prudent et si les conditions sont réunies, il est bon que cette rencontre fraternelle et missionnaire se conclue par une brève prière qui rejoigne les préoccupations que la personne a manifestées. Ainsi, elle percevra mieux qu’elle a été écoutée et comprise, que sa situation a été remise entre les mains de Dieu, et elle reconnaîtra que la Parole de Dieu parle réellement à sa propre existence. »
 
Nous avons là des suggestions très vivantes, applicables et stimulantes. Toutefois, en y réfléchissant, on peut prendre conscience que ce témoignage de personne à personne est compromettant. Mais nous laisser envahir par les doutes et les peurs étouffera toute audace. Et alors, « nous serons simplement spectateurs d’une stagnation stérile de l’Église. »
 
Suis-je stimulé ou découragé par ces paroles? Est-ce que le petit processus tracé par le pape peut me guider?
(31e texte d’une série sur la joie)
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau